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Exposition à la fondation Louis Vuitton : Olafur Eliasson

Exposition à la fondation Louis Vuitton : Olafur Eliasson

Le premier artiste qui expose à la Fondation Louis Vuitton est le Danois Olafur Eliasson. Exigences et visions de la star d'un art des sensations à l'occasion de la visite de son atelier berlinois.

du 17 décembre 2014 au 16 février 2015

Le premier artiste qui expose à la Fondation Louis Vuitton est le Danois Olafur Eliasson. Exigences et visions de la star d’un art des sensations à l’occasion de la visite de son atelier berlinois.

Son nom sonne comme les premiers crépitements d’étincelles d’une éruption : Olafur Eliasson. Normal, le père et la mère de l’artiste danois qui vit à Berlin sont originaires du pays le plus volcanique qui soit, l’Islande. Et l’on ne peut s’empêcher de penser que ses créations surdimensionnées submergeant les sens du spectateur, ces atmosphères d’un autre monde – il travaille avec la lumière, l’ombre, les reflets, les éléments – viennent de sa contemplation, depuis son plus jeune âge, de ces grands espaces islandais, presque lunaires, qui ont le don de rendre lyriques. « L’Islande, c’est comme un jardin de contemplation asiatique avec brutalement des espaces boueux, confesse l’artiste. Une combinaison très émouvante de beauté et de laideur. Une terre connue et inconnue à la fois. J’ai un fort sentiment d’appartenance à ce pays. Je m’y sens chez moi. » Mais ce jour-là, Olafur Eliasson évolue dans un autre genre de paysage : son atelier berlinois du quartier branché du Mitte. Deux étages d’un immense bâtiment industriel, une brasserie reconvertie en lieu d’incubation de projets délirants. Les espaces eux-mêmes sont délirants. Extrêmement vastes et remplis de jeunes gens stylés qui échangent, lisent, réfléchissent. Partout des canapés en cuir, des bibliothèques et des maquettes de constructions géométriques savantes. L’étage technique est un mini-Cap Canaveral où les prochaines illusions sophistiquées mises en place par Olafur Eliasson sont testées. Voici l’antre de l’un des artistes les plus en vue de la planète. Il sera exposé en décembre à la Fondation Louis Vuitton où il organise un grand « show » qui occupera une partie du rez-de-chaussée du bâtiment imaginé par Frank Gerhy. Olafur Eliasson commence à raconter Paris, mais il est immédiatement interrompu par sa fille, une enfant d’une dizaine d’années aux cheveux en bataille et au regard vif. Aussi énergique pour prendre la parole que son père est mesuré dans ses propos. Elle tournoie autour de lui. Elle a fait un gâteau à la crème couleur fuchsia qu’elle veut lui faire goûter séance tenante. Un autre genre d’expérimentations. Elle repassera quelques instants plus tard en patin à roulettes – il faut dire que les espaces se prêtent bien à ce type de locomotion – et repasse encore. L’entretien continue.Olafur Eliasson dit attacher une attention particulière à Paris car c’est là qu’il a eu sa première exposition d’envergure. C’était en 2002, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, alors dirigé par Suzanne Pagé, désormais directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton. Mais c’est l’année suivante, à Londres, qu’il a atteint le firmament de sa réputation avec une spectaculaire installation dans le Turbine Hall de la Tate Modern. Une idée simple mais un impact irradiant : il crée dans cet espace clos monumental ce qui ressemble à un vrai soleil dont l’effet est accentué par des miroirs et une brume artificielle. Le monde entier vient se réchauffer sous ses rayons d’illusion. Les visiteurs de la Tate, comme en quête d’une lumière mystique, sont bluffés. Ils s’allongent même sur la pente de l’entrée du musée afin de capter ses rais dorés. En 2005, Olafur Eliasson revient à Paris et fait exactement ce pour quoi on ne l’attend pas. Lorsque Louis Vuitton lui demande une oeuvre pour son navire amiral des Champs-Élysées il conçoit une pièce – toujours « visible » aujourd’hui – qui joue avec l’effet inverse de l’éblouissement : le noir total. Pour accéder à l’espace culturel de la maison, il crée un ascenseur insonorisé et plongé dans le noir. Un liftier accompagne le visiteur sur le chemin sombre des cinq étages et le rassure sur la possibilité éventuelle d’allumer en cas de nécessité. Eliasson a imaginé le vide, le noir et le silence en mouvement. Lorsqu’on lui demande comment les commanditaires ont réagi, il répond, toujours avec lenteur mais cette fois un petit sourire au coin de la bouche : « Yves Carcelle [PDG de Louis Vuitton de 1990 à 2012, NDLR] était mon interlocuteur. Il savait qu’il ne fallait pas m’embêter avec des problèmes pragmatiques. Il voulait un vrai travail, pas quelque chose de décoratif. Prendre cet ascenseur dans le noir, c’est, pendant un court instant, lâcher prise. Laisser aller son inconscient. À certains égards, j’ai soulagé leur inconscient en faisant cette proposition. Lorsque vous allez dans une boutique, lorsque vous avez la volonté de consommer, c’est une manière de se sentir à la fois différent et en sécurité. Je proposais, avec l’ascenseur, une autre manière de se sentir en sécurité. » Et d’ajouter, en homme ambitieux : « Il aurait fallu que l’ascenseur soit installé dans la tour Eiffel pour que l’effet marche à plein. » L’artiste procède alors à une légère digression : « La tour Eiffel, c’est le grand projet utopique par excellence. S’il a réussi à voir le jour, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une véritable oeuvre d’art. »L’année suivante, Yves Carcelle lui demande d’intervenir au moment de Noël dans les vitrines Louis Vuitton du monde entier. Le Danois va revenir cette fois à une création irradiante. « J’ai imaginé une sculpture-lampe avec un système de miroirs. Un procédé qui diffusait une énergie solaire avec un reflet sur la rue. Une manière de montrer que la séparation entre l’intérieur et l’extérieur peut être floue. C’est juste une question de conscience personnelle. » Là encore, Olafur Eliasson se montre exigeant : « J’ai dit que je ne voulais pas qu’on associe les oeuvres à une fonction. » Autrement dit : pas de sac dans les vitrines à côté de la pièce d’Eliasson. « Yves Carcelle m’a demandé si j’avais conscience que les vitrines étaient celles de Noël. J’ai répondu que rien ne pressait. On pouvait les réaliser en janvier. » Et de se justifier : « On ne crée pas une demi-oeuvre d’art. On ne fait pas un demi-Cézanne! Louis Vuitton a été visionnaire dans l’idée d’utiliser des artistes. Mais il importe que les artistes se trouvent dans les conditions appropriées pour créer de l’art. » Le projet a donc été maintenu et semble avoir satisfait tout le monde :« J’étais profondément heureux. Ce fut un succès et Vuitton a joué le jeu jusqu’au bout. J’étais fasciné que l’opération soit mondiale, dans toutes les villes, dans les meilleurs emplacements. Évidemment, en théorie, je le savais. Mais lorsque je l’ai vraiment réalisé, j’ai pensé que cette opération constituait une révolution au sens propre, un tour total de la Terre qui commençait par l’Australie. » Mais comment passe-t-on du statut d’un artiste « normal », dessinant, peignant, sculptant, à un statut de plasticien voulant créer des atmosphères et des sensations? « Dès mes débuts d’artiste, la psychologie et la phénoménologie m’ont intéressé. J’ai essayé de dématérialiser l’oeuvre d’art. Je m’intéressais surtout à la poésie et à des artistes californiens qui jouaient déjà avec l’espace et la lumière comme James Turrell ou Robert Irwin. J’étais passionné par les sciences contemplatives, la spiritualité et les religions. Aujourd’hui, je m’intéresse plutôt à la sociologie, par exemple aux travaux du philosophe et anthropologue français Bruno Latour, qui a d’ailleurs écrit un texte dans le catalogue d’exposition de la Fondation Vuitton. »La fondation Vuitton l’accueille en décembre prochain. Le projet occupe, on s’en doute, toutes ses pensées. Son armée d’ingénieurs, d’architectes et autres spécialistes travaille sur l’opération, mais lui ne tient pas vraiment à en parler. Il raconte cependant que l’exposition, composée d’oeuvres nouvelles, a été décidée avant même l’achèvement du bâtiment de Frank Gehry. « Suzanne Pagé m’a demandé de lui rendre visite à Paris. Le chantier débutait. J’ai rencontré Bernard Arnault, président-directeur général du groupe LVMH [propriétaire du groupe Les Échos, NDLR], et Frank Gehry qui voulaient savoir si j’acceptais de réaliser la première exposition. Évidemment, j’étais content car il n’est pas si commode de travailler avec moi. Et puis il faut tenir compte de ce lieu si particulier : Frank Gehry a réussi à créer l’impression d’un vaisseau. J’ai désiré faire une des oeuvres dans un espace ambigu, donnant l’impression d’être tout à la fois entre extérieur et intérieur. Mon idée : créer par un effet kaléidoscopique l’illusion que l’on marche vers l’horizon. » Il poursuit : « Le concept que j’ai présenté à Bernard Arnault et Suzanne Pagé était simple, comme toujours au début : dans un espace du rez-de-chaussée de 50 mètres de long, j’ai dessiné deux nouveaux espaces à l’aide d’un cercle et d’un triangle. Une partie lumineuse y représente la question de la conscience. La partie sombre incarne notre subconscient, tout ce que nous n’avons pas encore verbalisé. Entre les deux espaces, j’ai conçu une connexion sous la forme du signe infini. » Difficile d’imaginer vraiment la réalité de l’exposition, mais en croisant ici et là, au milieu de l’atelier, quel­ques installations et maquettes, on comprend que, comme à l’habitude, il sera question d’atmosphères et d’effets de perception. Ici un théâtre d’ombres avec un système de loupe géante qui reflète l’extérieur, là un sol convexe qui donne l’impression de marcher sur la surface du globe à l’image de ce dessin de Saint-Exupéry – « comme dans Le Petit Prince », précise Olafur Elissason -, l’artiste joue avec la sensibilité du spectateur pour créer des espaces sans objets mais qui font naître des émotions. Rendez-vous à Paris.

COLLECTION LOUIS VUITTON : LA SUITE
La fondation Louis Vuitton dévoile progressivement ses atouts. En décembre, on pourra découvrir la deuxième partie d’une petite sélection de la collection menée par Suzanne Pagé avec des pièces contemporaines acquises récemment. La directrice artistique les relie à l’idée d’un art pop au sens large ou d’un certain expressionnisme. L’accent est ainsi mis sur la production d’images de Wolfgang Tillmans (né en 1968), qui cherche la poésie dans le quotidien le plus commun et joue avec des accrochages de tirages aux formats différents. De son côté, l’artiste allemand Sigmar Polke (1941-2010), un des géants de la peinture de la seconde partie du xx e siècle auquel la Tate de Londres consacre une rétrospective jusqu’au mois de février, est aussi représenté dans les collections de la Fondation avec ses Cloud Paintings réalisés entre 1992 et 2009. Il s’y amuse avec la toile peinte, sa transparence et ses reflets d’or aussi. Au générique encore les douleurs d’un écolier vu de manière dramatique par le trublion italien Maurizio Cattelan (né en 1960) ou les poupées qui racontent la violence intime de la Française Annette Messager (née en 1943).
PARCOURS
1967. Naissance à Copenhague. 1989-1995. Études à l’Académie royale des beaux-arts de Copenhague. 2002. « Chaque matin je me sens différent, chaque soir je me sens le même », exposition au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. 2003. « The Weather Project », à la Tate Modern de Londres. 2003. « Le pavillon aveugle », pavillon danois, à la Biennale de Venise. 2007. Pavillon de la Serpentine Gallery, en collaboration avec Kjetil Thorsen. 2007. Obtention du prix Joan Miró, en Espagne. 2011. Réalisation de la façade de verre du Harpa Reykjavik Concert Hall, en Islande.
EN PRATIQUE
Fondation Louis Vuitton 8, avenue du Mahatma-Gandhi, 75116 Paris,
Ouverture les lundi, mercredi et jeudi de 12h00 à 19h00, le vendredi, jusqu’à 23h00; le samedi et le dimanche de 11h00 à 20h00; fermeture le mardi. Du 20 décembre au 4 janvier (vacances scolaires), ouvert tous les jours de 10h00 à 20h00, nocturne le vendredi jusqu’à 23h00.
Exposition Olavur Eliasson du 17 décembre 2014 au 16 février 2015.

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